50 nuances de zéro-déchet - My little green record
zéro-déchet

50 nuances de zéro-déchet : vive le zero-guilt

2 avril 2019

Cuisine à tous les repas, crème solaire maison, dentifrice maison, élimination du papier toilette (!), serviettes hygiéniques lavables… Les blogueurs du zéro déchet mènent une vie impressionnante. Ma transition a débuté il y a maintenant deux ans. Et si j’ai un conseil à donner, c’est surtout de ne pas culpabiliser, car la perfection est quasi inatteignable. Vive le zéro-guilt en quelques sortes.

Zéro déchet : jusqu’où aller ?

Le problème du mode de vie zéro déchet, ou même juste écolo, c’est qu’on tombe vite dans la culpabilisation. Dès que je vois un emballage chez moi, je m’en veux. Une fois, j’ai même jeté un emballage à l’extérieur de chez moi, en cachette, rien que pour ne pas voir ma poubelle grossir. C’est à ce moment-là – appelons le moment « grains de kefir », les amateurs de Béa Johnson comprendront – que j’ai compris que ça allait trop loin.

Comme beaucoup, je suis une contrôle-freak. J’aime que les choses soient faites parfaitement et dans les temps, quitte à ne pas dormir moi-même. Du coup, lorsque j’ai entamé ma transition, j’ai pris l’injonction « zéro-déchet » au pied de la lettre. Ensuite, j’ai pris du recul et j’ai décidé d’ajouter à zéro-déchet le slogan « zéro-culpabilité ».

Comment arrêter de culpabiliser

Plus facile à dire qu’à faire. Il suffit de faire un tour sur les blogs, les réseaux sociaux pour se dire que les autres sont tellement plus performants. Alors j’ai adopté la méthode de la pensée positive.

À chaque petite action, je me dis que c’est déjà pas mal. Je me laisse un peu tranquille en essayant aussi de me concentrer sur l’essentiel dans ma vie. C’est-à-dire « vivre ». Le reste viendra petit à petit.

Un peu, beaucoup, passionnément…

C’est quand j’ai commencé à adopter cette méthode des petits pas que j’ai vraiment compris l’histoire de Pierre Rabhi sur le Colibri. Vous la connaissez ?

Colibri - My little green record

Pierre Rabhi aime raconter cette légende amérindienne. Un jour, un feu de forêt se déclenche et tous les animaux, pris de panique, s’enfuient. Mais le petit colibri, oiseau à bec long, décide, lui, de faire des allers-retours entre la rivière et le feu pour y déposer les quelques gouttes qu’il transporte dans son bec. Un animal de la forêt qui a vu son manège finit par lui dire, en gros : ”Mec, tu sers à rien mec, autant pisser dans un violon” (oui, j’ai modernisé un peu). Le colibri lui répond que même si, seul, il n’éteindra pas le feu, lui, il fait sa part !

Et voilà, là, à cet instant, quand je me suis dit que ce n’était pas grave, j’ai compris ce que Pierre Rabhi voulait nous dire. J’ai compris qu’à moi seule, je ne changerai pas le monde mais que je pouvais “faire ma part”.

Je pourrais en faire plus, mais je pourrais aussi ne rien faire du tout. Je fais ce qui me plait, à mon rythme et au moins, je fais un petit peu. Je pense de plus en plus que ce n’est que comme ça que je pourrai tenir bon. Ce sont les petites satisfactions du quotidien qui donnent l’énergie de continuer. Oui parce qu’on ne va pas se mentir, c’est un peu un combat le zéro déchet. Un combat contre nos habitudes, contre notre mode de consommation, contre soi-même aussi.

De la colère à l’apaisement : passer des autres à soi-même.

le monde selon monsantoQuand j’ai commencé à m’intéresser à l’environnement, j’ai passé beaucoup de temps à lire et à regarder des documentaires, des reportages sur l’état de la planète. Ce fut déprimant, dur et extrêmement frustrant. J’étais en colère. En colère contre ces industriels qui pourrissent notre planète, contre le cynisme de la grande distribution, contre la lâcheté, voire la complaisance, de nos hommes et nos femmes politiques.

Sauf que la colère, ça ne fait pas avancer. Il a fallu que je m’active, que je me bouge pour ne pas les laisser faire.

Quand j’ai découvert le zéro déchet, ce fut une révélation. D’abord parce que j’avais Famille zérodéchettrouvé un moyen concret de contribuer à l’effort collectif. Ensuite parce que j’ai vu tout de suite les résultats de mes efforts. Enfin parce que ça m’a permis de découvrir de nouveaux produits – made in France -, de me questionner sur mes produits du quotidien et surtout, surtout, d’avoir une déco très bobo à base de bocaux qui, je dois le dire, me plaît beaucoup.

En changeant un petit peu mes habitudes, j’ai retrouvé une sérénité. Je ne suis plus en colère. Au contraire, je suis enthousiaste. Par exemple, la semaine dernière je vais chez Gilbert Joseph acheter le livre “la famille presque zéro déchet – ze guide”. Le vendeur m’explique que je prends le dernier, qu’il a été dévalisé. Wôw ! Ca veut dire que je ne suis pas toute seule en fait ? Il y aurait plein d’autres colibris, alors ? Ce moment-là, il remplit de bonheur, d’espoir, et il donne envie de continuer.

1 + 1 + 1 etc.

En fait, on est super nombreux à prendre conscience que notre mode de vie est foireux. Et surtout, on est nombreux à changer certaines de nos habitudes. Alors oui, il y a toujours les premiers de la classe qui font tout parfaitement, qui gèrent leur compost, font tous leurs cosmétiques maison, ont un super style avec des habits de seconde main. Sur moi, bizarrement, les vêtements vintage ont juste l’air vieux en fait. Mais c’est pas grave, je fais ce que je peux et j’essaye d’avancer pas à pas. Et c’est déjà pas mal, non ?

Commentez avec Facebook

1 commentaire

Laisser un commentaire