Entrepreneuriat social - Green Record
Le coin des entrepreneurs

Comment devient-on un entrepreneur social ?

22 avril 2019

Cet hiver, cela fera quasiment trois ans que Mes courses en vrac est né. Pas le site internet, pas les produits, pas la boutique non ! Mais l’idée oui ! L’envie, la volonté de m’engager réellement, de me sentir utile, d’essayer de faire ma part et finalement de faire de mes valeurs mon métier. Il y a trois ans, je quittais un boulot bien payé, assez intéressant et aux côtés d’une super équipe parce qu’il me manquait quelque chose. Ce quelque chose je l’ai trouvé dans ce que l’on appelle désormais l' »entreprenariat social ». Mais être un entrepreneur social c’est quoi ? C’est, à mon sens, rechercher sans fin le difficile équilibre entre être un bon entrepreneur et un bon citoyen.

L’entrepreneur social : s’engager pour l’intérêt général

Sur le site du mouvement des entrepreneurs sociaux – Mouves – on peut lire cette définition de l’entrepreneur social : « L’entrepreneuriat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, SAS, …), leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi. »

entrepreneuriat social

Source : Emploi Formation Santé

Mes courses en vrac : un projet pour démocratiser le zéro-déchet

Ceux qui suivent le blog depuis son origine le savent, avant de démarrer Mes courses en vrac, j’ai entamé un voyage aux Amériques. Ce fut pour moi une véritable révélation. Pour la première fois de ma vie d’adulte j’ai pris du temps. Du temps pour me poser des questions, pour tout remettre en question, pour m’interroger, pour regarder et observer autour de moi. J’ai rencontré de nombreuses personnes qui, à leur façon, étaient devenues des acteurs du changement. J’ai constaté que de nombreuses alternatives étaient possibles et existaient même déjà. Le changement était en marche et je n’en faisais pas partie.

La prise de conscience

Ce fut une prise de conscience en somme. Pas tout à fait spontanée d’ailleurs. Je pense que nous sommes nombreux à vivre une transition écologique intime et nous savons tous bien que c’est un cheminement plus qu’une révolution. On commence par des discussions, des documentaires, des lectures puis petit à petit on fait des changements chez soi, dans son quotidien. Pour ma part, ma transition n’est toujours pas finie et comme vous l’avez peut-être vu, j’entame ma transition vers un mode de vie végétarien tout doucement.

Mes courses en vrac : l’écologie pour les nuls

Bref à l’époque, j’étais loin d’être une pro de l’écologie. Le chemin vers un mode de vie plus sain – pour soi et pour la planète – était semé d’embûches. Mes courses en vrac est donc né de ce constat simple : pourquoi l’accès à un mode de vie plus « léger » est-il si compliqué ? Il n’y avait que peu d’épiceries vrac, peu de solutions réutilisables, etc. Mon idée était donc de faciliter l’accès à de bons produits, de leur composition, leur production jusqu’à l’emballage.

Je pense que cet objectif peut-être qualifié d’intérêt général non ? Est-ce que pour autant, cela suffit à faire de moi un entrepreneur social ? Est-ce que la qualité du produit c’est suffisant ? Il me semble que c’est bien plus profond que cela.

Le choix quotidien de l’entrepreneur social

Chaque jour depuis trois ans, il faut faire de nouveau le choix de l’intérêt général au-dessus de l’intérêt économique. Le choix fondateur ne suffit pas, loin de là. Prenons par exemple le moment du Black Friday. Le Black Friday, une tradition venue tout droit des pays anglosaxons qui vise tout simplement à inviter les « clients » à dépenser au cours du mois de novembre, mois habituellement assez calme pour les commerçants. Cela se fait grâce à des promotions qui frisent parfois le ridicule, mais qui permettent de se rendre compte du vrai prix des choses.

boycott black friday

Source : Agir pour l’environnement

Que devons-nous faire, si nous souhaitons prétendre être des entrepreneuses sociales ? Suivre le Black Friday et nous inscrire dans une tendance aux antipodes de nos valeurs ? Suivre le Green Friday – qui est la même chose, mais… en vert ? Boycotter le Black Friday et risquer de perdre des clients potentiels ? J’ai parfois l’impression que le choix de l’entrepreneuriat et le choix du social sont opposés. Les exemples comme celui-ci sont quotidiens.

Et pourtant, c’est dans des moments comme ceux-là – des moments parfois difficiles, car il faut bien admettre qu’il faut que l’épicerie tourne si on veut pouvoir en vivre et pour cela il faut parfois adopter les codes du commerce – c’est dans ces moments que je sais, au fond de moi, ce qui me motive au quotidien : donner de l’espoir.

L’entrepreneuriat social : une aventure positive et pleine d’espoir

Carole - Mes courses en vracDepuis trois ans que je suis dans cette aventure, je retire beaucoup de bonheur. Beaucoup de fatigue, d’angoisses, de stress, de solitude parfois et de déceptions aussi. Mais beaucoup de bonheur tout de même. Lorsque l’on place l’intérêt général au-dessus de l’intérêt économique c’est étonnant comme les choses prennent une place différente dans l’ordre des choses. Je suis devenue beaucoup moins matérialiste, même si je n’avais pas la sensation de l’être autant par le passé. Et surtout, je retire une satisfaction énorme d’avoir la sensation de faire ma part, de faire mon possible.

C’est cet espoir, ce bonheur qui me donne la force au quotidien de choisir le bien commun plutôt que l’intérêt personnel et purement économique. Tout ce que je viens d’écrire peut paraitre simpliste pour certains, mais pour d’autres, comme moi qui n’ait connu que les règles du monde économique traditionnel, cette nouvelle perspective est, pour le coup, une révolution !

Alors voilà, vive l’entreprenariat social 🙂

Commentez avec Facebook

Aucun commentaire

    Laisser un commentaire