Une bouteille en plastique sur la plage
zéro-déchet

Pourquoi faut-il passer au zéro-déchet ?

1 juillet 2019

Depuis la création de la boutique zéro-déchet Mes courses en vrac et de mon blog, j’essaye de communique sur « comment » passer au zéro-déchet. Quelles sont les astuces, les alternatives, les bons réflexes, etc. Et finalement, c’est en ré-écoutant la conférence de Jérémie Pichon, de la « famille zéro-déchet » que je me suis aperçue que je ne parlais jamais du « Pourquoi ». C’est vrai ça, pourquoi faudrait-il adopter un mode de vie zéro-déchet ? Pourquoi ce mode de vie en particulier ? Et puis, qu’est-ce-que ça changerait ? Alors voilà, on va commencer par le commencement : pourquoi faut-il passer au zéro-déchet ?

Les déchets envahissent notre planète

Notre planète croule sous les déchets en tout genre : excès de nourriture, emballages, électroménager, mais aussi débris de matériaux de construction, électronique, textile… Les déchets sont partout. Chaque jour, sur terre, 4 millions de tonnes d’ordures ménagères sont produites, l’équivalent de 400 tours Eiffel. Pourtant, dans nos rues, tout semble à peu près propre et rangé. Mais où sont donc ces déchets ?

Un continent plastique de 3 fois la France

Et bien, ces déchets sont un peu partout loin de chez nous. Dans la mer d’abord. Chaque année, huit millions de tonnes de plastique sont rejetées en mer. La production de plastique dépasse 320 millions de tonnes par an et une partie se retrouve dans nos océans, agglutinés dans ce que l’on appelle la « grande zone d’ordure du Pacifique ». Le problème ? Le plastique contamine tous les écosystèmes, on retrouve du plastique dans l’estomac d’animaux de mer, on tue la vie dans l’océan en somme. 

La « grande zone d’ordures du Pacifique » (Great pacific garbage patch, GPGP). © HKG – AFP

 

Même si les solutions pour nettoyer cette grande décharge à ciel ouvert se multiplient, il est impossible de déterminer comment ramasser les « micro-plastique », des morceaux de plastique infiniment petits, qui polluent d’autant plus qu’ils viennent tapisser les fonds marins. Synthétisés et utilisés massivement depuis une cinquantaine d’années, ces plastiques mettront plus de 100 à 200 ans à se dégrader en micro puis en nanoparticules. Une fois ces tailles atteintes – ce qui se produira massivement dès la fin du XXIe siècle –, les particules issues des plastiques accumulés auront alors toute latitude pour se répandre très largement et rapidement dans notre environnement et aussi dans tous les organismes vivants.

Les nanoparticules possèdent en effet la faculté de traverser les barrières tissulaires pour venir s’accumuler dans nos organes, tels que le foie, et d’en perturber à long terme le fonctionnement. Ces minuscules et invisibles fragments de plastique contamineront de façon invasive toute la chaîne alimentaire, avec des effets sur la santé très mal évalués à l’heure actuelle, car les méthodes de détection sont elles-mêmes encore à la peine.

Déchets plastiques : la dangereuse illusion du tout recyclage, publié dans l’Obs par Nathalie Gontard le 04/02/2018

Mais alors se pose une question existentielle : que se passe-t-il entre moi qui jette quelque chose à la poubelle et la création de ce continent plastique ? En France, nous avons des décharges, des usines de recyclage, tout semble rouler non ? Et bien pas vraiment… La réalité est un peu moins reluisante qu’elle n’y parait.

Le traitement des déchets : une illusion

Restons sur le plastique un instant. 90 % des déchets plastiques persisteront longtemps après notre propre disparition. Comment traitons-nous ces déchets ?

  • Une partie est dispersée dans l’environnement (coucou toi qui jette tes bouteilles par la fenêtre de ta voiture) – 35 à 50%.
  • Parmi le plastique collecté, une partie est regroupée et enfouie dans la terre ou mélangée à d’autres déchets – 20 à 40%. Ces plastiques finissent donc dans la terre et voyagent dans notre environnement.
  • Un partie part en incinération. La matière est alors transformée en énergie ou alors en résidus solides que l’on ne sait alors plus traiter – 9 à 14 %.
  • Enfin le recyclage qui représente environ 14 %. Parmi ces 14 %, une partie sera perdue pendant le processus (et donc rejoint notre premier groupe) et une partie sera réutilisée dans un autre produit qui ne sera lui, plus recyclable. Finalement, seul 2% des plastiques usagés sont recyclés en circuit fermé, c’est-à-dire réutilisable « comme neuf ».

Voilà en quelques chiffres la démonstration que non, nous ne savons ni traiter ni recycler nos déchets. Si l’on s’intéresse au mode de traitement des déchets à l’échelle de tous les déchets, voici ce que ça donne :

La répartition des modes de traitement

En France, la destination de nos déchets se répartit ainsi (moyennes nationales) :

  • Incinération : 30 %
  • Décharges : 36 %
  • Valorisation matière (recyclage) : 20 %
  • Gestion biologique (compostage/méthanisation des déchets organiques) : 14 %

Et cette répartition ne tient pas compte des déchets que nous envoyons, purement et simplement, dans d’autres pays pour être « recyclés ». C’est le cas de la Malaisie dont la ministre à récemment fait « le buzz ». Elle a annoncé qu’elle allait renvoyer les déchets aux envoyeurs, dont la France.

Intéressons-nous maintenant à la nature et l’origine de ces déchets.

Urbanisation et consumérisme : d’où viennent nos déchets

Flux de dechets - green Record

 

Voilà un petit aperçu de la source de nos déchets en Europe. On voit ici que ce sont principalement le BTP et les mines qui produisent les déchets. Les ménages n’en sont responsables « que » pour environ 10 %. Mais attention à ne pas minimiser notre impact pour autant. Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères. Comment en sommes-nous arrivés là ? Je trouve que cette journaliste synthétise très bien le sujet dans ce paragraphe :

Depuis 1945, avec la croissance économique, la quantité de déchets a explosé. Ce qui effraye l’équipe de chercheurs pilotée par Daniel Hoornweg, professeur à l’université de l’Ontario (Canada) et spécialiste du développement urbain auprès de la Banque mondiale, c’est la vitesse à laquelle le dépotoir planétaire gonfle. D’après leurs projections, les détritus ménagers devraient passer de quatre millions de tonnes par jour aujourd’hui à plus de onze millions en 2100. Presque trois fois plus. «La masse des déchets croît plus rapidement que n’importe quelle autre pollution environnementale, y compris les émissions de gaz à effet de serre», remarque le spécialiste. En cause ? La conjonction de trois facteurs : l’accroissement démographique, l’urbanisation galopante et l’augmentation globale du niveau de vie. À même niveau de revenus, un citadin génère deux fois plus d’ordures que son voisin de la campagne, qui utilise moins d’emballages et gâche moins de nourriture. Mais comme les habitants des villes sont statistiquement plus riches que les ruraux, un citoyen urbain est en réalité responsable en moyenne de quatre fois plus de déchets. En résumé, plus les villes grossissent et plus leurs occupants accèdent aux classes moyennes aisées et supérieures, plus les poubelles débordent.

Déchets dans le monde : c’est l’overdose !

Avec l’urbanisation chez nous mais aussi et surtout ailleurs, la production de déchets et amené à se développer. En 2015, la France a produit environ 324,5 millions de tonnes de déchets. La grande majorité (environ 70%) provient du secteur de la construction. Environ 20% sont le fait des autres secteurs de l’économie, et 37,9 millions de tonnes ont été rejetées par les ménages français. Les déchets agricoles réutilisés ne sont pas comptabilisés. La production de déchets en 2015 a baissé par rapport à 2012 (345 millions de tonnes). Depuis 2010, la production est en baisse, mais principalement à cause du ralentissement du secteur de la construction, les autres secteurs produisant plutôt plus de déchets, souligne l’ADEME.

Focus sur nos déchets ménagers :

Les déchets ménagers sont composés des ordures ménagères, des déchets collectés en déchèterie (hors déblais et gravats) et des collectes d’encombrants. Depuis 2000, ce chiffre tend à baisser, d’environ 1,1 % par an. Si les emballages diminuent légèrement, les textiles sanitaires (lingettes, couches) progressent fortement. Le gaspillage alimentaire représente 29 kilos par personne et par an, dont 7 kilos sont des aliments encore emballés.

Le zéro-déchet : une solution globale et inévitable

Face à ces chiffres qui donnent le vertige, le « zéro-déchet » s’impose depuis quelques années. C’est un mode de vie en réponse à notre incapacité à gérer nos propres déchets. Il fonctionne selon 5 principes simples – les « 5 R » :

Principes du zéro-déchet.- My little green record

Les deux premiers principes étant fondamentaux : Refuser et Réduire. Pour ne pas produire de déchet, il « suffit » de ne pas en créer. On dit non au sac en plastique, au superflu, à tout ce qui n’est pas essentiel et qui « ne sert à rien ». Lorsque l’on dit « zéro-déchet », on ne veut pas nécessairement dire 100 % zéro-déchet. C’est plutôt une façon simple et percutante de mettre l’accent sur tous ces déchets inutiles.

Bon, je ne veux pas trop m’épancher sur le sujet, sur ma vision du zéro-déchet, plusieurs articles du blog en parlent. Mais ce qui est important à noter c’est que d’une part, la réduction de nos déchets est inévitable et d’autre part, c’est une démarche globale qui permet de changer sa vision des choses. En réduisant son train de vie, on se focalise plus sur l’essentiel, sur ce qui compte et qui, finalement, ne coûte rien : la famille, les amis, les sorties, les loisirs, la nature, etc. En prenant soin de la planète, on finit par prendre soin de soi… et des autres.

Enfin, n’oublions pas – et c’est un point essentiel – que dans notre société de consommation, le consommateur est roi. Alors certes, nos déchets ne représentent « que » 10 % des déchets. J’entends déjà les moqueurs dire que « ça ne sert à rien », notre action « ne changera rien » etc. Sauf que le mouvement zéro-déchet fait des émules, et pas que chez les particuliers. N’oublions pas que les individus, les ménages sont les personnes qui constituent les entreprises. C’est grâce à la mobilisation de chacun que de grands groupes commencent à leur emboiter le pas. Opportunisme ? Qu’importe si le résultat est au rendez-vous, non ? On pense surtout à la SNCF qui s’est fixée comme objectif le zéro-déchet en 2035 ! A vos marques, prêts, refusez 😉

Pour démarrer votre démarche zéro-déchet, voici mes 3 conseils dans cet article.

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